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    Prolifération des pesticides illégaux : Croplife tire la sonnette d’alarme

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    L’alerte a une fois de plus été donnée lors de la 39ème Assemblée Ordinaire que cette structure a tenue à Yaoundé au Cameroun le 13 février 2025.

    « Pesticides illégaux : un défi majeur pour l’agriculture camerounaise». Cette seule thématique était à elle toute seule un indicateur de la situation assez délicate qui sévit à l’heure actuelle et au moment où certains secteur de l’agriculture semble avoir le vent en poupe. Ne pas y remédier serait la pire des erreurs à commettre quand on s’imagine les effets induits qui peuvent découler de l’ingurgitation de tels produits par l’organisme humain et même par son absorption par les végétaux ou tout autre être vivant pouvant se retrouver ou non dans la chaine alimentaire.

    Pour ce faire, CropLife Cameroun, branche nationale de CropLife International, alors qu’il tenait sa 39ème assemblée générale, a jugé important, sinon crucial de tirer la sonnette d’alarme sur cette  prolifération des pesticides illégaux, un problème qui menace la sécurité alimentaire et la santé des consommateurs. L’organisation, qui regroupe 13 entreprises agro-pharmaceutiques représentant 57% du marché camerounais, a ainsi appelé à une conjugaison d’efforts, à une action concertée pour lutter contre ce fléau.

    Cette alerte est d’autant plus à prendre au sérieux que le Cameroun, comme de nombreux pays en développement, est confronté à une croissance démographique rapide qui lui impose aussi d’assurer une alimentation suffisante et de qualité pour tous. Ce qui ne peut passer que par une bonne santé des plantes en vue de garantir des rendements optimaux et, par conséquent, la sécurité alimentaire. Etant entendu qu’une utilisation anarchique de pesticides, et singulièrement ceux qui sont illégaux, entraînant des problèmes de résistance chez les insectes et les mauvaises herbes induit les agriculteurs en erreur. La plupart estimant très souvent qu’une augmentation des dosages pourrait être une solution à leur problème. Ce qui est faux et même dangereux au regard de l’accroissement des risques pour la santé et l’environnement qui en résulteraient. Le fait est encore plus aggravant et dangereux du fait de l’introduction de produits illicites, souvent de qualité douteuse et non homologués dans les marchés. La contrefaçon et la porosité des frontières, s’y ajoutant comme des ingrédients. L’Etat des lieux sur le terrain ne présente pas toujours une grande sérénité, garante de la sécurité sanitaire totale des denrées agricoles produites au Cameroun comme on a souvent eu à le constater. Qui ne se souvient pas de cette histoire des exportations des denrées agricoles du Cameroun vers certains marchés extérieurs, notamment ceux de l’Union Européennes qui ont été refoulés suite au dépassement des taux des résidus normalement acceptable dans ces produits ? Tel a été le cas du café, de certains fruits et légumes comme l’ananas, la mangue, la papaye. Qui ne se souvient de cette autre histoire de l’usage du formol pour la conservation de certains aliments qui a défrayé la chronique à la zone des trois frontières dans la région du Sud (Cameroun, Gabon, Guinée Equatoriale) ? Qui n’est pas au courant de ce que la confusion entre l’usage des produits de traitement des semences et des denrées stockées a provoqué des intoxications, parfois mortelles, parmi les consommateurs dans certaines localités du pays ?

    Au cours de cette 39ème Assemblée générale, CropLife Cameroun, résolument engagé dans la promotion d’une agriculture saine et durable, a proposé plusieurs pistes de solution au-delà de la simple alerte. Il s’est agi du renforcement de la collaboration entre les acteurs de la filière et appliquer rigoureusement les réglementations existantes ; de la réactualisation de la loi phytosanitaire pour que puissent être applicables toutes les mesures répressives contre les contrevenants et protéger l’industrie locale. Croplife propose aussi de mettre en place des formations réalistes et contraignantes pour les acteurs de la filière ; d’intensifier les contrôles sur le terrain pour sensibiliser les acteurs et traquer les fraudeurs ; Domicilier les homologations au Cameroun pour les firmes phytosanitaires opérant dans le pays, afin de sécuriser les emplois nationaux.

    Si l’on ne s’est pas rongé les pouces tout au long de l’année 2024, avec notamment la promotion des bonnes pratiques agricoles, la lutte contre la fraude et la contrefaçon, et la formation des contrôleurs phytosanitaires, les activités s’annoncent encore plus abondantes pour 2025. En ce sens, l’organisation prévoit d’intensifier ses actions en matière de formation, de lutte contre la fraude et de collaboration avec les autorités compétentes pour améliorer la sécurité sanitaire des denrées agricoles. Il y va de l’avenir de l’agriculture camerounaise.

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