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    Pollution environnementale et agricole : Les consommateurs plus que jamais exposés

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    La certitude de pouvoir consommer un produit agroalimentaire sorti des champs qui ne soit pas nocif à l’être humain est de plus en plus réduite en raison de la prolifération et de l’usage des produits phytosanitaires ne respectant pas la norme. Le danger est dans l’assiette.

    Oranges, ananas, avocat, pastèque, tomate, banane-plantain, banane dessert et que sais-je encore. Il devient quasiment impossible de pouvoir retrouver des produits sains dans nos marchés. Ce qui importe pour certains, c’est la présentation physique du produit à commercialiser. Même le secteur viande n’est pas épargné. On y pulvérise des produits pour laisser transparaitre une belle couleur rouge comme pour laisser croire qu’elle est encore fraiche alors qu’elle a déjà séjourné pendant plus d’une semaine, voire plus, dans un réfrigérateur. Dans les campagnes, on use des pesticides dans les rivières pour tuer du poisson.

    Que dire de la fabrication de certaines boissons (jus, whisky en sachet, spiritueux divers), dans des conditions qui laissent à désirer et avec des produits douteux. Pour se faire au plus vite de l’argent, on se mue en chimiste pour faire des combinaisons, des mélanges sans mesurer la capacité de destruction qui en résulterait.La conséquence la plus évidente étant la croissance du taux de mortalité observé au sein de la population camerounaise, liéà la consommation des produits douteux.

    Une alerte de plus

    Qui n’a jamais entendu parler de l’usage du formol pour la conservation des aliments ou de l’éthéphon pour faire jaunir la banane plantain ?  Qui n’a pas encore été confronté à un fruit d’ananas paraissant bien mûr, mais qui au-dedans, est tout blanc avec un gout plutôt acide ? Des exemples de ce type sont légions. Il est même arrivé que l’exportation de la banane plantain en direction du Gabon ait été interrompu du fait de ces pratiques dangereuses. Et pourtant, au Cameroun, on n’en démord pas. Si l’usage de produits phytosanitaires sur les fèves de cacao s’est estompé du fait de la radicalité des contrôles dans les marchés de l’union européenne, on ne semble toujours pas avoir pris fait et cause dans des domaines concernant d’autres spéculations. Et que n-a-t-on pas déjà entrepris en vue de la régulation du secteur des phytosanitaires ? Mais des esprits malins trouvent toujours une opportunité pour contourner la règlementation en vigueur dans le secteur des phytosanitaires. Ce qui passe par le mauvais usage de ces produits si ce n’est pas question de leur contrefaçon à des fins mercantiles. On a beau chercher à réglementer ce secteur d’activité sans malheureusement y parvenir.

    La situation est d’autant plus désastreuse,qu’iln’existe de moindres statistiques des productions agricoles locales du fait de l’absence des systèmes de stockage, de commercialisation adaptée et de conditionnement. Un flou incompréhensible réside toujours dans la construction des infrastructures. On se souvient encore depuis 2019, il avait été lancé par le gouvernement, deux appels d’offres, pour la construction de complexes de conditionnement et de stockage de produits vivriers dans certains bassins de production du pays pour un montant global de 3 milliards de Fcfa. Il se dégage comme un abandon du projet s’il n’a pas été sujet à un détournement de fonds. La désolation persiste dans le camp des producteurs. Car aucune explication n’a été donnée au sujet de l’usage qui a été fait de ces 3 milliards de Fcfa disposés par le gouvernement pour la construction de ces infrastructures de conditionnement et de stockage des produits vivriers post récolte.On disait alors qu’il s’agira d’une part, des infrastructures de surveillance et de contrôle technique des travaux (300 millions FCfa, dont 76 millions Fcfa pour chaque lot), et d’autre part de la réalisation des travaux proprement dits (2,8 milliards FCfa, à raison de 720 millions Fcfa pour chacun des quatre lots). Les entreprises et cabinets intéressés par ces deux marchés, pour un montant global d’un peu plus de 3 milliards de francs Cfa, avaient jusqu’au 16 avril 2015 pour faire parvenir leurs offres à la Cellule d’appui au lancement des appels d’offres du ministère des Marchés publics à Yaoundé. Si ces travaux avaient été réalisés, ces complexes allaient contribuer à l’amélioration de l’approvisionnement des marchés en produits vivriers. Ceci dans la mesure où, selon les statistiques présentées à ce moment par la Mission de régulation des d’approvisionnements en produits de grande consommation (Mirap), le Cameroun perdait près de 25% de sa production post-récolte, à cause du manque d’infrastructures de conservation et de stockage. On était convaincu que grâce à la construction de ces deux complexes, le Cameroun allait s’attaquer à l’un des maux majeurs qui minent son agriculture : les pertes post-récoltes. Et parce que rien ne semble avoir été fait, qu’ils’agisse des légumes, des céréales, des fruits, le problème des Pertes Post-Récoltes (PPR) continuent de se poser avec la plus grande acuité sur le continent africain en général et au Cameroun en particulier. Alors que la demande alimentaire du continent devrait exploser dans les prochaines années, la réduction des pertes post-récoltes semble faire du sur place quand bien même on ne cesse de parler de l’amélioration des résultats de l’agriculture locale. S’il est admis que les pertes post-récoltes peuvent survenir durant les opérations de récolte en raison de l’emploi d’une mauvaise technique qui endommage le produit, il est davantage à intégrer le fait que cette situation est le corolaire du mauvais du stockage, du fait des conditions inappropriées d’entreposage là où ces infrastructures existent. Il s’agit entre autres du niveau élevé d’humidité, de l’exposition à une température excessive, à une mauvaise ventilation des entrepôts, à des facteurs qui induisent des infestations parasitaires. Les PPR sont aussi aggravées par le manque d’infrastructures de transport qui réduit l’accès aux marchés et accroît le retard dans l’écoulement. Le manque à gagner qui s’en suit est tout simplement impressionnant.

    Agir définitivement

    Mais au lieu d’œuvrer à trouver une solution définitive, on s’embourbe encore plus en faisant un très mauvais usage des produits phytosanitaires. Un flou artistique est toujours entretenu au sujet des missions de l’Anor ou de toute autre structure pouvant s’occuper de ce genre de problème à l’instar du Bureau de mise à niveau (Bmn). On eût dit que ces structures n’usent que du « chantage » pour des fins inavouées.

    Agir efficacement contre ces mauvaises pratiques nécessite une mobilisation de tous les acteurs impliqués dans la chaîne de valeur agricole. Il ne suffit pas uniquement de s’attarder sur la mise à disposition de machines de transformation appropriées, à moindre coût, permettant aux agriculteurs de réaliser une première étape de la transformation de certaines denrées périssables, mais il importe aussi de s’assurer qu’après cette première transformation par les producteurs, la conservation sera faite dans les règles de l’art. Le bon usage des produits phyto et autres pesticides et fongicides devrait rester dans l’ordre des priorités si le Cameroun veut préserver la notoriété de sa production agricole.

    MPA

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