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    Production du lait de vache : Sortir ce secteur d’activités des fonds baptismaux

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    Si selon les statistiques produites par le ministère de l’élevage, des pêches et des industries animales datant du 31 aout 2023, la production du Cameroun a progressé de 5% pour se situer à 110 374 tonnes, il importerait de diversifier des structures de production et de conservation à travers le pays pour satisfaire à la clientèle de plus en plus nombreuse et exigeante.

    Le développement de l’agriculture au sens large du terme comme l’avait souligné Paul Biya, président de République en 2011 lors du comice agropastoral d’Ebolowa a fait du chemin. Le chef de l’Etat faisait alors allusion d’une agriculture de seconde génération. Laquelle appelle à plus de productivité, de modernisation, de mécanisation et donc à plus de compétitivité. Si des progrès ont été réalisés s’agissant de certains secteurs et certaines spéculations, on note une évolution encore mitigée dans d’autres en dépit des différentes mesures prises par le gouvernement. On pourrait évoquer la filière lait dans laquelle, il est pourtant noté un frémissement portant sur une augmentation de la production de l’ordre de 5% au 31 août 2023 par rapport à la période en 2022. La production laitière est ainsi passée de 105 190 tonnes à 110 374 tonnes entre 2022 et 2023 sur les périodes sus-revues, selon les chiffres révélés par le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia), Dr Taïga, en novembre dernier devant la Com- mission des finances et du budget de l’Assemblée nationale. Ce qui n’est pas suffisant. Le Cameroun continuant d’enregistrer un déficit moyen de production de près de 120 000 tonnes de lait chaque année.
    Ce déséquilibre entre l’offre et la demande fait engloutir près de 20 milliards de Fcfa par an pour des importations de produits laitiers en vue d’une compensation du déficit. Dans ses tentatives de réduire cette enveloppe, le Cameroun a acquis, entre 2020 et 2023, 495 vaches laitières en provenance de France. Il s’agissait des génisses gestantes de race montbéliarde dont la production laitière est estimée à 40 litres de lait par jour. Elles ont été présentées comme une race très prisée en Afrique subsaharienne en raison de la qualité de leur lait et de leur adaptation aux conditions climatiques difficiles, notamment la chaleur. Cette acquisition s’est faite dans le cadre du Projet de développement de l’élevage (Prodel), financé par la Banque mondiale.
    Le gouvernement avait alors placé beaucoup d’espoir sur ces vaches dans la perspective d’un accroissement de la production locale de lait. Si nous ne sommes pas en possession des informations précises révélant le nombre de litres de lait produits par ces vaches, il reste que l’activité semble être restée cloitrée dans une seule partie du pays, notamment dans la partie septentrionale où les conditions de vie sont assez rudes en raison de la climatologie. Certes on pourrait évoquer le fait que ces vaches soient nourries à partir des embuches, mais on gagnerait aussi à les élever dans des zones au climat moins rude dans la partie méridionale du pays. Mieux encore, l’urgence d’une multiplication des structures de production et de conservation de ce lait est avérée. Car un lait produit par exemple dans la région de l’Adamaoua, ne pourrait être commercialisé à l’état dans la ville de Douala regorgeant d’un potentiel de consommateur élevé, s’il n’est pas bien conservé. Dans le même temps, si la solution de la conservation peut être trouvée, la proximité d’une structure de production rassurerait davantage quand on sait que l’état du réseau routier peut être un sérieux handicap au regard des risques encourus. Pourquoi ne pas faire allusion au fait que dans la partie méridionale du pays où l’herbe est assez fraiche tout au long de l’année, où de grands espaces sont tout aussi disponibles comme dans le septentrion, les vaches laitières pourraient moins stressées en se nourrissant à l’air libre plutôt que dans les étables ? Une réflexion devrait être menée en ce sens et spécifiquement en ce qui est de la multiplication des unités de production
    Martin Paul Akono

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