Adossé sur le Piisah, la production du lait va participer au renforcement, à la consolidation de la consommation des produits locaux, 100% bio.
Depuis quelques temps, avec les populations camerounaises établies dans certaines villes du Cameroun, se sont déjà familiarisées avec les boutiques « mon ami le boucher » dans lesquelles elles se ravitaillent en viande bovine de bonne qualité et surtout, payent le juste prix. A l’exemple de ce qui se fait avec le poivre de Penja, le miel de Okou qui sont devenus des labels, il pourra en être de même avec le lait produit par la Sodepa. C’est d’ailleurs un point sur lequel Denis Koulagna Koutou attache beaucoup du prix. Car pour lui, il faudra qu’en consommant de la viande issue du Cameroun, on l’apprécie et soit satisfait de la qualité de par sa viande. Il devra en être de même pour le lait vraiment bio, naturel, sans ajout pour des besoins quantitatifs.
Reposant sur le projet Piisah qui a été mis en place par l’Etat du Cameroun pour réduire les importations afin de favoriser la production locale, et pour la Sodepa, mettre en place le concept de production de lait est un défi à relever quand on sait que l’une des missions de la Sodepa est de fournir aux ménages des protéines animales en qualité et en quantité suffisante. Et quand on sait que le lait est un produit très demandé que ce soit dans la consommation des nourrissons, des enfants qui vont à l’école et les adultes.« Vous savez, l’être humain consomme le lait du bas âge jusqu’à adulte parce le lait a des dérivés comme le fromage, le beurre » a indiqué Sieur Doua avant d’ajouter :« nous avons déjà une marque qui est mon ami le boucher, maintenant nous voulons débloquer une autre marque. Il est question pour nous maintenant de trouver une marque de lait qui peut toucher tous les camerounais. Nous avons choisi un concept camerounais pour que tout camerounais puisse identifier un lait de chez nous, 100% camerounais, un lait pour satisfaire la demande qui du reste, est forte. Nous avons plusieurs laiteries que ce soit à N’Gaoundéré (Adamaoua), l’Est, à Betaré-Oya, Garoua, au Centre, à Douala, Nord-ouest qui est un bassin d’élevage bovin. ».
Quand bien même le projet serait encore à l’étude, il suscite déjà de réels espoirs à la considération de l’engouement manifesté lors de l’atelier de lancement du Piisah pour la Sodepa. « Nous sommes en train de mener la réflexion au sujet d’un slogan qui va aussi être capté et adopté par tout le monde ».Ce qui est déjà intéressant, c’est que par le biais du projet Piisah, est que tous les acteurs de la filière élevage travaillent de commun accord pour pouvoir réduire au maximum les importations, que de toujours prendre le lait ailleurs alors qu’il est aussi connu de tous que « la terre ne ment pas », comme l’avait dit le président de la République. Encore que tous les éléments sont rassemblés : un sol riche, un climat favorable.« Ensemble, on peut produire un lait de qualité. La sodepa s’est installée à Afanloum dans le Centre, pour regrouper les éleveurs de cette localité pour avoir assez de vaches laitières. Les partenaires sont engagés, notamment des argentins, des brésiliens qui une race des vaches laitières que les pays africains comme le Kenya sont déjà en train d’expérimenter. Car pouvant produire au moins 200 litres à 500 litres de lait par jour. Ce qui fait qu’au bout de 10 ; 20, voire 30 ans, le Cameroun pourra avoir un lait qui satisfera toute la demande. Le train est lancé et la Sodepa s’est déjà inscrite un pionnier pour montrer aux uns et aux autres le chemin à suivre.
De sources sûres, on aura d’ailleurs appris qu’il y aura les installations de ce concept dans les ranches de la Sodepa. « Nous allons transformer le lait qui sera commercialisé ». Les cibles potentielles de consommations sont déjà identifiées. Il s’agit des étudiants qui sont les premiers consommateurs de lait. Des boutiques du projet couplées à « mon ami le boucher » seront ouvertes dans les grandes métropoles. Etant entendu que la Sodepa travaille déjà assez en zone rural. L’objectif est de ramener les produits vers les grandes métropoles. Pour ce qui est du volet transport, des véhicules compteurs seront disponibles avant 2026. Car, tout camerounais devrait avoir dans son assiette au moins un produit local. Qu’il s’agisse de la viande, du lait. Bien plus encore, avec le projet Piisah, il y a d’autres entreprises qui portent ce projet par rapport à leur produit spécifique qui peut être du poisson ou de la viande. Ainsi, tout camerounais pourrait avoir du poisson, de la viande, des produits laitiers dans son assiette au lieu de continuer à s’empiffrer des produits ayant subi trop de manipulations. Comme c’est le cas aux Etats-Unis où on fabrique la viande synthétique pour les végétariens, mais qui n’est plus à base de viande biologique. Ce qui permettrait d’éviter au Camerounais de consommer des viandes pouvant induire des risques cancérigènes.« Nous avons pour objectif que tout camerounais consomme un produit local et l’Etat se retrouvera gagnant parce que la balance commerciale des importations sera réduite (…) nous avons un bassin de production énorme donc nous ne sommes pas obligés de vivre de l’importation. Produisons ! (…) Quand on dit coca cola on sait que c’est les Etats-Unis. Nous aussi au Cameroun il faut qu’on ait des produits des marques locales qui nous identifient. »
L’objectif visé par le projet de production de lait est d’accompagner le gouvernement qui, dans sa politique, veut nourrir les ménages et apporter aux consommateurs les produits de qualité et en quantité suffisante. Donc de manière crescendo, les consommateurs pourront voir petit à petit le produit. Comme c’est déjà le cas avec « mon ami le boucher ».Ce sera pareil pour le projet de production de lait« Quand le bébé nait, il ne grandit pas tout d’un coup. Petit à petit ça va se faire ».
Martin Paul Akono


