En se dotant d’une enveloppe budgétaire de plus de 1,5 milliard Fcfa pour 2025, l’espoir de voir cette structure pourtant stratégique dans le cadre de la lutte contre l’insécurité alimentaire, mais visiblement « mal aimée », devrait renaitre.
Aux dernières nouvelles, l’enveloppe budgétaire de l’Office Céréalier du Cameroun a été équilibréeen recettes et en dépenses à la somme de plus de 1,5 milliard Fcfa pour l’année 2025. C’était au terme des travaux de sa 78ème session de son Conseil d’Administration, présidé par Djibrilla Nana le 28 décembre 2024 dans la ville de Garoua, région du Nord Cameroun.
Pour cette structure gouvernementale qui fonctionne comme une sorte de centrale d’achat des céréales, intervenant sur les marchés des zones productrices et consommatrices de céréales, en vue de créer un stock régulateur et de sécurité alimentaire permettant de stabiliser les prix d’une campagne à l’autre, afin de lutter contre la famine, il était grand temps que l’on pensât à une augmentation substantielle de son budget au regard des responsabilités qui sont les siennes. On pourrait même dire, s’il y a lieu d’apprécierce qui a été fait ,il y a pratiquement un an, contrairement aux 50 millions qui lui étaient octroyés auparavant, la structure mériterait encore mieux pour permettre à l’instance dirigeante conduite par Mohamadou Gassimou d’intervenir de manière encore plus efficace sur les marchés des zones productrices et consommatrices de céréales, en vue de créer un stock régulateur et de sécurité alimentaire encore plus important. Quand on sait que les produits ainsi achetés doivent ensuite être remis sur le marché à des prix abordables, en période de soudure ou de pénurie de céréales pas seulement dans les régions du Nord, de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua, dans lesquelles leur consommation fait partie des habitudes alimentaires, mais aussi sur toute l’étendue du territoire national.
Ainsi, l’objectif du gouvernement visant à combattre aussi bien l’explosion des prix des céréales non plus uniquement dans les marchés du Septentrion que l’insécurité alimentaire, mais dans d’autres régions à l’instar des régions du Nord-ouest, et du Sud-ouest secouées par une instabilité politique accrue.
Penser à la transformation
Si l’on peut se « se réjouir un tant soit peu » du plus de 1,5 milliard Fcfa prévu pour cette année afin de permettre à l’Office céréalier de remplir ses missions régaliennes qui sont celles relatives à la collecte des céréales auprès des producteurs, la mise sur pied d’un dispositif de transport et de stockage des céréales, l’approvisionnement régulier des populations en céréales, la mise au point d’un programme de stockage en milieu rural, il est à penser qu’outre ses missions, la transformation des céréales et des produits divers pour une meilleure conservation devra aussi prendre du volume. Ainsi, l’Office pourra en toute aisance continuer à suivre de l’évolution des prix des céréales sur les marchés de collecte et aussi bien dans les marchés urbains qu’en liaison avec les structures concernées entre autres.
En raison de la démographie sans cesse croissante, que ce soit en milieu urbain ou en milieu rural, ne disposer que de moins de cinquante magasins (44 pour être précis) pour une capacité totale de plus de 47 000 tonnes uniquement réservées pour les régions septentrionales, notamment à Banyo dans l’Adamaoua à Guidiguis dans l’Extrême-Nord à Madingring et Touboro dans la région du Nord, serait certainement encore insuffisant. Ne vient-il pas d’être révélé par exemple par le Pam que pour subvenir aux besoins alimentaires des refugies dans cette partie du pays, il nécessiterait la somme de 65 millions de dollars US, soit 32 500 000 000Fcfa pour pouvoir prendre en charge les 26 000 réfugiés nigérians du camp de Minawao, dans le nord du pays ? Et quand on sait qu’il existe d’autres camp de réfugiésdans les régions de l’Extrême-nord et de l’Est, il y a de quoi voir les choses autrement à la considération des causes sous-jacentes des déplacements forcés des populations dus à la violence armée et des tensions communautaires dans certaines localités des régions en proie à l’afflux de refugies avec ses effets néfastes sur les communautés des régions d’accueil. Assurément que l’octroi d’un peu plus de moyens permettrait à l’Office céréalier, à l’exemple d’autres structuressectorielles, de se déployer et remplir ses missions.
Adama


