S’inscrivant dans la dynamique nationale de l’import-substitution agro-pastorale et halieutique,ce projet porté par le Ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales (Minepia), a été lancé le 25 juillet 2025 à Yaoundé, en partenariat avec l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (Jica).
L’hôtel Hilton de Yaoundé a servi de cadre à la cérémonie de lancement officiel du Projet de Promotion de la Filière Pisciculture Continentale au Cameroun (Profip) qui vise à vise à renforcer la sécurité alimentaire et la souveraineté économique du pays. Pour ce faire, le Ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales,Dr. Taïga s’est donné le devoir de rappeler que le Profipest la résultante d’une vision claire orientée vers la diversification économique inscrite dans la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30) : « Il (Profip) vise à développer une pisciculture durable, moderne et génératrice de revenus ». Les régions du Centre, du Littoral, de l’Ouest et du Sud devront en bénéficier sur une durée de cinq ans.« Avec le Profip, nous voulons impulser une pisciculture moderne, durable et génératrice de revenus, capable de répondre aux besoins alimentaires de notre pays », a-t-il déclaré.
De la description faite de ce projet, il est axé sur cinq grands axes : la réalisation d’une étude diagnostique de la filière piscicole ; le renforcement des capacités techniques des acteurs ; l’amélioration de l’accès aux intrants de qualité ; l’optimisation du circuit de commercialisation ;le renforcement du système d’appui institutionnel. En ce sens, KageyamaTadashi, Représentant de la Jica au Cameroun, a apprécié la solidité de la coopération nippo-camerounaise dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture, laquelle s’est illustrée par de nombreux projets : construction du Centre Communautaire de la Pêche Artisanale de Kribi, appui en équipements à Youpwé (Douala), envois d’experts, formations techniques au Japon, etc. comme pour dire que le Profip est venu « compléter la pièce manquante » de cette collaboration stratégique.
S’inscrivant pleinement dans la politique d’import-substitution qui vise la réduction de la dépendance vis-à-vis des importations de poisson, l’objectif du projet représente donc comme un enjeu de taille quand on sait par exemple que pour la seule année 2024, sur les 480 000 tonnes de poisson consommées par le Cameroun, 116 000 tonnes étaient issues des importations. Ce qui, on s’en doute bien, a lourdement pesé sur la balance commerciale (près de 95 milliards Fcfa d’importations). Pour le Dr Taïga, il s’agit de « booster la production locale » afin de répondre à la demande croissante, tout en renforçant l’autonomie du pays.
Des dons japonais toujours en première ligne
Dans la foulée, le Japon Suite à procédé à la remise d’un don de 1,2 milliard Fcfa qui aiderait à soutenir le développement des fermes au Cameroun. L’objectif visé étant de promouvoir le développement de fermes piscicoles dans le pays.
Selon les informations officielles, les fonds ainsi octroyés, serviront à couvrir les frais des experts travaillant à la mise en œuvre de ce projet sur une période de 5 ans. Pour Dr Taïga, Ministre de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia) donc, le Profip participe de la concrétisation du Plan intégré d’import-substitution halieutique et agropastoral (Piisah) en cours d’implémentation au Cameroun.
Ce projet est d’autant plus bienvenu que selon les statistiques issues du Minepia, le Cameroun affiche un déficit de plus de 476 000 tonnes de produits halieutiques chaque année. Ce qui a pour conséquence l’induction des importations massives des produits halieutiques, et principalement du poisson qui constitue au même titre que le riz, une des denrées alimentaires les plus importées par le Cameroun, et qui est pour beaucoup dans le déficit de sa balance commerciale.
De ce projet, les objectifs jugésambitieux et résultats attendus du aideraient à promouvoir la filière pisciculture continentale grâce à un partenariat renforcé avec le secteur privé. Les espèces cibles sont le Clarias (Clarias Gariepinus), considéré comme prioritaire, et le Tilapia (OreochromisNiloticus). Les indicateurs clés du projet sont une augmentation significative du nombre d’exploitations piscicoles enregistrées et une amélioration de la productivité piscicole mesurée par l’augmentation du nombre d’exploitations atteignant une production annuelle de 20 tonnes.
Ce projet qui s’inscrit pleinement dans la politique d’import-substitution prévoit également la mobilisation d’experts japonais, la mise à disposition d’équipements modernes et l’organisation de sessions de formation technique au Japon, au bénéfice des pisciculteurs camerounais.


