A partir des appuis financiers reçus, les opérateurs du secteur privé impliqués dans la production des denrées ciblées par ce Plan devront s’appliquer davantage au regard des responsabilités qui sont les leurs et qui permettraient de rééquilibrer la balance commerciale camerounaise en matière d’importation.
Le Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (Piisah), document intersectoriel à portée nationale pour la période 2024-2026 a pour objectif principal de contribuer à la réduction du déficit de la balance commerciale à travers la substitution des produits importés par la production locale. De manière spécifique, il s’agit de faciliter le développement des actions du secteur privé dans le domaine agropastoral sur des espaces sécurisés et aménagés ; contribuer à l’augmentation significative de la production et de la disponibilité des produits locaux de grande consommation ; créer un environnement propice au développement des activités agropastorales.
Pris comme tel, le Piisah entend apporter une contribution substantielle à l’atteinte des projections relevant de la Sécurisation et aménagement des périmètres hydroagricoles et halieutiques; ses actions phares sont: la sécurisation foncière des périmètres agropastoraux; les aménagements des périmètres hydroagricoles, pastoraux et halieutiques, des champs semenciers, des périmètres fourrageurs et des bassins aquacoles; le désenclavement des bassins de production des filières agropastorales et halieutiques (construction ou réhabilitation des routes, approvisionnement en énergie électrique, etc.); – l’Appui à l’installation des opérateurs privés dans les périmètres sécurisés et aménagés. Il s’agit aussi en second lieu, de l’amélioration de la production, de la transformation et de la commercialisation ; les actions phares sont : l’appui au développement de la production à travers l’accès aux engrais, aux produits phytosanitaires et aux semences ; de l’amélioration des infrastructures de production, de transformation et de commercialisation (matériel et équipements). En 3ème position, de l’amélioration de l’accès à la recherche, à la formation et aux financements. Ici, les actions phares visent le développement des mécanismes d’accès aux financements ; le renforcement de la formation des acteurs sur les itinéraires techniques ; l’amélioration de l’accès aux marchés ; la Structuration des acteurs des filières.
C’est dans ce cadre que Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie, de la Planification et de l’aménagement du Territoire (Minepat), représentant de l’Etat, a procédé à la signature des documents contractuels avec certaines structures opérationnelles, en vue de la mise en œuvre du Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (Piisah). C’était le 14 aout 2025 en présence de certains membres du gouvernement, des Hauts responsables de la présidence de la République et des services du Premier Ministre, des Directeurs Généraux de la Banque Camerounaise des Petites et Moyennes Entreprises (Bc-Pme), la Société de Développement et d’Exploitation des Productions Animales (Sodepa), l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (Irad), l’Upper Nun Valley Development Authority (Unvda) les coordonnateurs des projets Viva-Logone et Viva-Bénoué et bien d’autres personnalités. Pour Alamine Ousmane Mey, la présence effective de tout ce beau monde, était « l’expression tangible de l’engagement gouvernemental en faveur d’un déploiement du Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (Piisah), lancé en 2024 par le président de la République ». Le Minepat était d’autant plus honoré de cette présence massive qu’il a été donné de constater qu’en importation de bien alimentaire, le Cameroun dépensait en moyenne 3000 milliards de Fcfa par an entre 2013 et 2021 ; la facture a même atteint 4000 milliards de Fcfa avec la survenue du Covid-19 en 2022. « Ce qui a considérablement détérioré notre balance commerciale dont le déficit est évalué à 1500 milliards de Fcfa en 2022 », a souligné le Minepat. Cette situation découlant des importations du riz, du poisson, du blé, du maïs, de l’huile de palme, du lait.
S’agissant de cette signature des documents contractuels, 13,55 milliards de Fcfa ont donc été accordés à 7 structures publiques pour booster la production locale, au titre de l’exercice 2025. Il s’agissait de la Banque camerounaise des PME (9,2 milliards de Fcfa en vue d’appuyer les opérateurs du secteur privé impliqués dans la production des denrées ciblées par le Piisah. En ce qui est des contrats de performance avec l’Unvda, l’Irad, l’Office Céréalier, la Sodepa et les projets VIVA-Logone et VIVA-Bénoué, 4,3 milliards de Fcfa ont été disposés pour augmenter la production du riz, des céréales, des filières bovine-lait et des semences/intrants. Autrement dit, « la signature de ces documents marque une étape décisive vers l’atteinte des objectifs du Piisah », selon le Minepat. Ce d’autant plus que pour l’année 2024, le déficit de la balance commerciale a remarquablement diminué, passant de près de 600 milliards en 2023 à un peu plus de 250 milliards de Fcfa en 2024. Il y a donc lieu de maintenir la cadence, s’il ne s’agit pas de l’accélérer. Surtout quand on sait que, décidé par le Chef de l’Etat, S.E Paul BIYA lors de son adresse à la Nation le 31 décembre 2023, le Piisah, qui couvre la période 2024-2026, se positionne comme un levier pour la transformation structurelle de l’économie nationale. Il vise à apporter une contribution significative au relèvement de la balance commerciale du pays, à travers la substitution des produits importés par la production locale, en ciblant les produits tels que le riz, le poisson, le blé, le maïs, l’huile de palme, le lait, etc.
Il va de soi qu’avec ces engagements, c’est du dopage de la production, de la réduction du déficit commercial, de l’économie de précieuses devises, du renforcement de la souveraineté alimentaire, de la création de milliers d’emplois et du renforcement de l’intégration dans les chaînes de valeur, qu’il est question.


