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    Comment résoudre le problème de traçabilité bovine

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    Elle a été mise en place par la Sodepa en vue de la résolution des problèmes d’origine et de la valorisation du made in Cameroon et de la compétitivité de la production locale.

    Fait-il toujours du tout pour faire un monde ? Si cela a été vérifié à une certaine époque et pour une occasion bien précise, on pourrait tracer un parallèle avec ce qui est mis en forme par la Sodepa à travers l’application « Mycow » et qui se justifierait à travers un certain nombre de faits. Car, qui ne se souvient pas de cette situation dramatique qui s’est produite dans la ville de Douala et qui a entrainé le décès de deux personnes et l’hospitalisation de 105 autres suite à une intoxication alimentaire due à la consommation des galettes distribuées par un vendeur ou encore à la consommation de poisson fumé à Paki, une localité de l’arrondissement de Doumé, région de l’Est du Cameroun, et qui a entraîné la mort de quatre personnes et affecté plusieurs autres ? Au niveau des institutions, des enquêtes ont été ouvertes pour définir et tenter d’expliquer ce qui s’était réellement passé. Le seul repère étant les lieux dans lesquels les drames se sont produits.

    Sur un autre aspect, il a été démontré que l’absorption d’aliments contaminés peut avoir un impact négatif sur la fertilité, en particulier en raison de la présence de toxines environnementales telles que les pesticides, les métaux lourds. Elle peut aussi entrainer des perturbateurs endocriniens. Il a aussi été révélé que des éleveurs ont perdu du bétail évalué à 13 milliards de Fcfa du fait de l’absorption d’aliments contaminés. Comment dans ces cas remonter la piste jusqu’à la source du problème ? De ce questionnement, nait le problème de traçabilité agroalimentaire afin d’atteindre des objectifs de sécurité sanitaire des aliments. Elle vise à mieux qualifier les produits mis sur le marché, à une meilleure maîtrise des dangers et à abaisser les niveaux de risques. La traçabilité est, en effet, nécessaire pour remonter à la source d’un problème d’intoxication alimentaire ou d’une fraude. Si les populations de manière générale et les camerounais veulent connaitre l’origine de ce qu’ils mangent, la possibilité d’éradiquer ou contrer les problèmes de consanguinité est peut-être un préalable pour le vaste chantier de l’amélioration génétique. Face au protectionnisme flagrant que témoignent certains pays aux zones économiques, la Zlecaf est un grand marché qui repose également sur la capacité des Etats à assurer la traçabilité des produits.

    Le cas de la Sodepa avec Mycow

    En matière d’identification et de traçabilité, il se trouve que la Sodepa constitue un mini laboratoire qui fournit un schéma de la situation à l’échelle nationale. À cheval entre un élevage traditionnel et un élevage industriel et avant la mise en place de l’application « Mycow », la Sodepa procédait jusqu’en 2018 à la  gestion du cheptel par groupe catégoriel (Veaux, taurillons, génisses, vaches, taureaux). Une telle approche ne préconisant malheureusement pas l’identification individuelle des bovins et de fait la traçabilité de la viande bovine. La gestion groupée du cheptel avait alors pour conséquences : La non maitrise qualitative du cheptel ; le faible suivi des opérations sur le terrain ; l’incapacité à planifier avec efficacité des actions et des activités. Face à cette situation, et au terme d’une session ordinaire de son conseil d’administration, il a été prescrit par Résolution N°010/71CA/SODEPA/2019, la possibilité de pouvoir y remédier.

    Il fut alors imaginé, conçu et instauré des outils parmi lesquels la fiche d’identification des Bovins ou Document d’Accompagnement Bovin (Dab) qui est un outil de gestion du cheptel qui permet l’identification et la collecte des informations de la vie d’un bovin (données biologiques, environnementales, de reproduction, de santé et d’alimentation). L’objectif  poursuivi étant de pouvoir influencer et présenter le Made in Cameroon comme alternative tropicale. Et comme le soulignait Paul Biya lors du comice agropastoral de 2011 à Ebolowa, « Malgré la stricte discipline budgétaire à laquelle nous sommes contraints, un effort financier exceptionnel sera fait par l’Etat au bénéfice de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche au cours des prochains exercices. Ainsi pouvons-nous espérer que ces activités deviendront les moteurs de notre économie et qu’elles joueront un rôle essentiel dans notre marche vers l’émergence ».

    C’est dans la perspective de réduire les couts relatifs à l’identification bovine et personnaliser le système d’identification, le modèle économique à privilégier la production locale de moyens d’identification, que sont intervenues successivement des Séances de travail avec l’entreprise Stratex qui produit le matériel d’élevage en matière plastique ; l’entreprise Sica qui produit les bottes et produits divers en matières plastiques ou encore avec Mtn qui produit le matériel de traçabilité et de tracking animal.

    Logiciel « Mycow »

    La conception du système d’identification a démarré par la création d’un modèle de codification qui prenait appui sur des modèles existants dans les systèmes d’identification français, canadien et marocain. Comme pour dire qu’avant d’arriver à Mycow, la Sodepa a expérimenté une panoplie de supports d’identification. On s’en doute bien qu’il était question de s’assurer que le rapport Prix/Efficacité soit optimal. Au regard de la difficulté à pouvoir harmoniser les supports d’identification.

    Le processus de refonte du système de management du cheptel de la Sodepa s’est déployé suivant une approche systémique reposant sur 3 entités : Les hommes avec les procédures (le guide d’identification et de traçabilité, des décisions opérationnelles), les outils (Logiciel Mycow, fiche d’identification, fiche de suivi).

    S’agissant spécifiquement du logiciel « Mycow », on sait que c’est une application conçue pour aider à gérer au quotidien le cheptel. Pour ce faire, « Mycow » permet l’enregistrement des données au jour le jour et l’accès aux informations en temps réel, sans tenir compte d’une quelconque position géospatiale. « Mycow » apparait donc comme un outil d’aide à la décision qui implémente automatiquement les outils de gestion du cheptel tels que la fiche d’identification, le journal bovin, le Dab, le fichier cheptel, le fichier des inséminations. En somme, c’est une application au rôle central dans la mise en œuvre du plan de traçabilité. Laquelle est déjà effective à la Sodepa. Avec une induction sur le management de son cheptel, elle participe d’une identification moderne, d’une gestion individuelle des bovins ; d’une gestion préventive du cheptel ; d’un contrôle renforcé vers une comptabilité analytique bovine, vers de nouvelles opportunités.

    Et compte tenu du fait que le Piisah repose sur la maitrise scientifique de certains concepts tel que l’amélioration génétique qui requiert l’analyse de bon nombre de données, les outils de traçabilité qui font usage de technologies telles que l’IA et les BIG DATAS sont une belle opportunité. Ce d’autant plus que de nombreux acteurs sont impliqués et ont besoin d’un accompagnement rigoureux. La traçabilité s’étend alors à la production du lait et permet d’identifier l’origine de chaque lot produit. Encore que de nombreux éleveurs à travers le pays sollicitent les outils et technologies conçus par la Sodepa pour moderniser leurs exploitations, bénéficier d’un accompagnement technique de qualité ; réduire les charges liées au suivi du cheptel ; optimiser la production bovine.

    Si l’application « Mycow » apparait donc comme cette alternative, il restera de résoudre les problèmes liés à la mise en œuvre de la traçabilité. Notamment en ce qui est de la couverture réseau dans les bassins de production ; la disponibilité de terminaux de travail ; l’adhésion volontaire de toutes les parties prenantes ; le renforcement de la législation.

    Le système de traçabilité « Mycow » conçu par la Sodepa reste donc cette plateforme opérationnelle et interopérable qui est capable de mobiliser sur la chaine de traçabilité divers acteurs (Eleveurs, Consommateurs, Inspections vétérinaires, Etat) pour tracer l’animal, tracer le lait, tracer la viande.

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